Quand cette
femme se permet de raconter mon enfance!!
Dans nos campagnes,
les mariages représentaient de grands évènements. Les familles, les voisins étant invités, on arrivait vite à 80-100 convives. Je suis allée à plusieurs de ces mariages durant mes 16 premières
années avec mes parents. J'ai toujours d'ailleurs les grandes photos de ces groupes.
Le mariage dont je me souviens le mieux, c'est celui des deux soeurs (les plus jeunes) de maman. Car elles étaient 8 soeurs: les 6 autres étaient déjà mariées. Ce mariage eut lieu la veille de
mes 7 ans, le 18 février 1930. Ah!, ce n'était pas le même temps que le jour de mon 1 an où j'étais dehors faisant mes premiers pas. Ce jour-là, il faisait très froid et il y avait 2 cm de neige.
Nous étions dans notre campagne, sans aucun moyen de locomotion à cette époque. Il fallait donc se déplacer à pied jusqu'au bourg où tous les mariages civils et religieux étaient célébrés et
nous devions revenir ainsi avec cette fameuse "côte des Rallettes" à grimper. Ces 2 mariages simultanés représentaient ainsi plus de 100 invités, heureusement que ça se passait l'après-midi.
Nous sommes donc partis par des chemins ennéigés et pierreux. En arrivant à la route, il a fallu former le cortège. Une des mariées était ma marraine et je devais donc tenir son voile (on disait
porter le voile). Mon cavalier de 12 ans renâclait, étant comme tout le monde, frigorifié. Je ne me souviens plus très bien des détails concernant les cérémonies dans le bourg mais je garde
parfaitement en mémoire ce repas de plus de 100 personnes. Comment était-il préparé et où, ça aussi je ne m'en souviens pas mais le menu était copieux, bien corsé et tout le monde s'est très bien
restauré.
C e repas était servi dans une grange bien arrangée, isolée par des draps, sur des grandes tables à tréteaux. Je me rappelle des chanteurs et moi-même, j'ai chanté une chanson aux mariés que pépé
m'avait apprise. Pépé aussi a chanté, bien sûr.
Dans la grande cour devant le grange, les invités allaient se réchauffer devant un immense bûcher qui créait aussi l'ambiance. Dans une grande remise cimentée, les jeunes pouvaient danser, car
évidemment, il y avait un accordéonniste. Déjà le matin, il avait précédé le cortège sur la route et dans le bourg.
Voici donc, malgrè la rudesse de la température, la délicieuse journée dont j'ai, après 78 ans, un souvenir aussi vivace
Cette autobiographie est directement liée à cette commune aux confins du Limouzin, du Poitou et des Charentes
Elle représente les années priviligiées du monde agricole qui ont précédées la 2ème guerre mondiale.
SERRE-AUBERGE DE LA TUILERIE


MAURICE DUFRESNE
(Indre & Loire)
SAINT-LOUP
(Nièvre)
BOTANS
(Territoire de Belfort)