Quand cette
femme se permet de raconter mon enfance!!
Cette photo représente l'unique moyen de locomotion de la métairie. Ce jour là il était conduit par mon père René et à ses côtés,
mémé et pépé Brugier. Derrière on aperçoit la tête de ma mère Madeleine. En ce dimanche ils revenaient de la vigne située à 4 kms où ils étaient allés vérifier ensemble le taux de
mûrissement du raisin.
Comment s'effectuait le ravitaillement?
Pour la viande, pas de problème. Déjà la consommation était moins importante que maintenant. Il y avait les porcs transformés en salé, pâtés et rillettes, lard, etc, etc...
Les agneaux, poules, poulets, lapins; gibier ramené par les chasseurs, pigeons (pépé s'en occupait) mais également pintades, dindes, chapons sans compter les quantités impressionnantes d'oeufs.
Toutes ces bêtes, à part les lapins, élévés en toute liberté ne consommaient que de la nourriture naturelle. Quant aux légumes, c'était l'abondance et il y avait aussi les poissons de l'étang.
C'est que nous étions 12...
Les besoins en épicerie, deux épiciers passaient chaque semaine dans les campagnes avec leurs voitures bien garnies. Donc, ils nous fournissaient le café, l'huile, le sucre, la chicorée etc,
etc.. Ils rachetaient les oeufs en surplus, des fromages frais, c'était presque un échange du reste et ça contentait tout le monde.
A cette époque, on cuisinait beaucoup la viande en sauce: ah! ces ragoûts de mémé, y repenser me fait saliver. La consommation de pain était importante et comme on dit vulgairement "nous
trempions le pain dans la sauce". Mais ce pain d'où venait-il? Car il ne passait pas de boulanger. Il était fait à la métairie tous les 8 à 10 jours. Mon père descendait du grenier un sac de
farine qu'il vidait dans la maie que nous appelions aussi le pétrin. Cette farine était salée en conséquence des kilos, bien remuée et le levain, gardé précieusement de la journée d'avant, était
mis dans cette farine. Le lendemain matin, mémé ou mon père pétrissait longuement cette farine transformée en pâte avec l'eau nécessaire. Puis le pétrissage terminé, la pâte était mise à
lever dans des "palisses" garnies d'un torchon fariné et très propre. Les "palisses" sont de grandes corbeilles en osier fabriquées par les hommes en hiver à la veillée. Pendant la levée de la
pâte, mon père allumait le four,c' était un sacré travail. Puis dans le four bien chaud, on cuisait le pain. Qu'il était bon ce pain frais mais au bout d'une semaine, il était un peu dur.. A
l'époque, on économisait sur tout mais nous ne manquions jamais de pain....
Cette autobiographie est directement liée à cette commune aux confins du Limouzin, du Poitou et des Charentes
Elle représente les années priviligiées du monde agricole qui ont précédées la 2ème guerre mondiale.
SERRE-AUBERGE DE LA TUILERIE


MAURICE DUFRESNE
(Indre & Loire)
SAINT-LOUP
(Nièvre)
BOTANS
(Territoire de Belfort)