AUTEUR

  Quand cette femme se permet de raconter mon enfance!!
Jeudi 10 avril 2008

Le jour du Mardi-Gras était vraiment un jour pas comme les autres.
D'où venait cette coutume, je ne l'ai jamais su. A cette époque, les vacances de février n'existant pas, exceptionnellement les instituteurs avaient l'autorisation... de dispenser les enfants de venir à l'école. Souvent, bien sûr, avec l'aide des mamans ceux-ci se déguisaient , oh! pas comme maintenant avec des effets coûteux mais n'importe comment. Les masques étaient faits par les parents avec des cartons, des chiffons. Bien sûr, il y avait des privilégiés mais dans nos hameaux, c'était du simple. 
Par contre, à table.... quelle bombance à la ferme-métairie! Les hommes, ce jour là étaient dispensés de travail dans les champs. Ils s'occupaient de nourrir les animaux dans les écuries. Quant aux femmes, elles s'affairaient à la cuisine, et quelle cuisine, quelle abondance de mets: pot au feu avec poule et boeuf, lapin cuisiné soit en civet ou au vin blanc, puis un agneau de la ferme ou un bien encore un chapon, légumes divers et puis le dessert: madeleines faites par les femmes et servies avec crème anglaise et oeufs à la neige. Tout cela bien arrosé...
Une trêve pour faire la vaisselle et le soir, on recommençait avec les restes et puis à la veillée, c'était les crêpes et les chansons... 
Le lendemain, c'était le jour des Cendres. J'avoue que je n'ai jamais su exactement l'origine de cette coutume. Mémé, ma petite mémé si chérie, était très pieuse et respectait ce jour là où il ne devait pas être consommé de graisse animale. Nous n'avons jamais su où elle camouflait les restes du mardi (les pots de rillettes et les pâtés maison qui étaient quotidiennement sur la table). Ce mercredi, c'était la soupe à l'huile et de la cuisine sans "gras" ni viande et ensuite tout revenait dans l'ordre, à la normale....
 

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

La veille de Noël, les hommes apportaient une bûche assez importante en longueur. Le matin de Noël, cette bûche était mise dans le foyer de la cheminée. 
Ce foyer était toujours rempli de braises puisque c'est là 
que se préparait la cuisine pour tous. Nous étions en moyenne 12 à table!!!
A la crémaillère, était suspendue la marmite où chaque jour mijotait la soupe, 
et quelle soupe! 
Légumes suivant les saisons et ensuite on corsait le goût avec le "gravet".
Le "gravet", c'était des tranches de lard gras, donc du saindoux. Lorsque ce lard était bien roussi, il était aplati avec la fourchette et mis dans une assiette. Le saindoux brûlant était versé dans la marmite où les morceaux n'y restaient pas longtemps. Un bon bout de pain et hop, ceux qui passaient par là, souvent les hommes, se régalaient. 
Le jeudi, à l'époque, jour de congé de l'école, nous les enfants guettions ce moment privilégié. Aujourd'hui encore à 80 ans passés, il m'arrive encore de 
préparer cette soupe.
Mais revenons à notre bûche de Noël. 
Ce foyer de la cheminée ne s'éteignait jamais. Le soir avant d'aller se coucher, notre petite mémé rassemblait les braises existantes et les couvrait de cendres. Le lendemain matin, les cendres enlevées mettaient les braises au jour. Dessus, il était mis des brindilles de fagots ou des javelles de vigne puis du bois. Un bon coup de soufflet et le feu repartait. Car à cette époque, nous n'avions pas de papier pour allumer et les allumettes coutaient cher étant utilisées au minimum.
Ce jour de Noël, la bûche commençait à se consummer doucement. Le soir elle faisait partie des braises et le lendemain elle repartait 
et ceci se renouvelait chaque soir, chaque matin jusqu'au 1er janvier, 
la bûche n'étant plus qu'un petit bout de bûchette
Je me souviens également qu'on aspergeait cette bûche d'eau bénite lorqu'on la mettait à brûler le matin de Noël.
Donc, ce matin du 1er janvier, pépé et mémé, avec des pincettes "siccotaient" la bûche, c'est à dire qu'ils créaient des étincelles sur ces braises. Ca représentait en fait s'il y aurait des poulets, des moutons pour l'année à venir...
Puis cette bûche, enfin ce qu'il en restait, était mise en petits morceaux et avec pépé, celui ou celle qui avait l'âge de raison (7 ans) en mettait un morceau de charbon dans chaque grange, dans un coin de la bergerie, de la porcherie, du poulailler etc..
Les morceaux de charbon de l'année précédente étaient donc remplacés. Ceux qui venaient d'être récupérés, je n'ai pas souvenir de ce que nous en faisions mais je pense qu'ils étaient définitivement brûlés. Le plus gros morceau de l'année était bien rangé dans la cuisine (salle commune). Ces morceaux de charbon avaient le don de préserver les bâtiments de la foudre. Car les orages étaient terribles à Availles et tout ce qui peut être fait contre eux est appliqué avec dévotion et espoir que la foudre nous épargne ainsi que les animaux, les arbres mais également les bâtiments





Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

Nous voyions venir aussi, toujours avec sa charrette, un marchand d'un peu de tout, un bazar ambulant en fait. Il vendait du fil à coudre, du coton à repriser, des ciseaux, en résumé tout l'attirail nécessaire à la couture. Car on cousait beaucoup dans les campagnes, chemises de travail des hommes, tabliers des femmes et des enfants. Des couturières venaient à domicile pour les confections plus fines mais seulement dans les maisons où il y avait une machine à coudre ce qui n'était pas très courant dans nos campagnes. Chez pépé et mémé, il y en avait une ce qui simplifiait bien du travail manuel. Je me souviens que notre vendeur de mercerie a proposé des aiguilles à enfilage spécial. C'était intéressant pour les personnes âgées dont la vue baissait. Ces aiguilles avaient le chas fendu donc pas de problème pour l'enfilage. Mémé en avait acheté et par la suite, je n'ai revu ce modèle d'aiguilles. Et voilà qu'on en refait, j'ai vu cela dans les catalogues, comme quoi!!!!



quelques articles que nous proposait notre
vendeur en mercerie
  

(cliché: Agnès Faudeau)

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008
 

(cliché: Delage Yvonne)
 
Que d'agréables souvenirs représente cette photo...
Je me tiens au fond tandis que devant se trouve Jeannine Bachelier, mon amie.
Sur l'herbe, c'est tante Edith avec Régine sur ses genoux et au bord de l'eau, tonton Henri Brugier qui tient Hubert Niquet dans ses bras.
Cette photo date de 1939, début août car la grande jeune fille ne venait au pays qu'aux vacances.

 

J'adorais ce coin de la métairie et je ne sais plus si tous ces arbres existent encore.
C'étaient des chênes dont les branches étaient sacrifiées pour le chauffage.

A Availles, la plupart des métairies, des fermes et des particuliers possèdent un étang. Nous en avions un et j'en garde un impérissable souvenir. Que de moments merveilleux avons nous passé, chacun à notre façon, auprès de cet étang qui était à 300 mètres de la maison. La photo représente une de ces sorties que nous faisions auprès de cette eau limpide tous les dimanches.

Cet étang était très poissonneux et avec nos canes à pêche rudimentaires, nous ramenions de bonnes fritures: carpeaux, tanches et surtout de ces poissons dont je ne connais pas le véritable nom et que nous appelions la "carpe soleil". Ce poisson aux couleurs vives est agréable à voir et bon en friture mais il est néfaste et dévastateur en étang. Il se nourrit des oeufs des carpes, brochets, tanches qui peuplent les étangs. Une voisine, croyant bien faire en avait mis 7 dans l'étang, pépé était furieux, quel désastre....
Cet étang était bordé de magnifiques roseaux. Il y avait des nappes de nénuphars. Oh! que tout cet ensemble était agréable à voir. Et les grenouilles vertes qui coassaient sur ces nénuphars aux fleurs blanches magnifiques avec des bruissements presque imperceptibles de myriades de libellules voletant au-dessus. Qu'elles étaient agréables à regarder avec leurs quatre longues élytres aux couleurs douces et variées, elles méritaient bien leur surnom de "demoiselles". Au dessus de nous, gazouillaient d'innombrables hirondelles volant dans tous les sens pour gober les mouches et autres insectes volants. En ai-je passé des bons moments assise dans l'herbe à admirer cette nature.
En avril, tous les ans, on pêchait l'étang ce qui consistait à le vider par un système d'écoulement assez lent et les poissons étaient capturés et vendus. Il y avait du monde ce jour-là autour de l'étang. Oh! ces brochets de 5 à 7 kilogs et ces énormes carpes. Mémé nous les cuisait farcies et les brochets cuits "au bleu". Et aucune de ses 8 filles n'a pensé à lui demander la recette. Quel dommage car quel délice!!!
Les hivers rudes, la couche de glace permettait aux audacieux de patiner sur l'étang avec leurs galoches ferrées.
En toutes saisons, l'étang était l'abreuvoir des animaux, surtout les boeufs sauf bien sûr en cas de neige ou gros gel où ils restaient à l'écurie. Ils ne manquaient de rien mais quel travail supplémentaire pour les hommes.
 C'est là que nous allions laver le linge agenouillées dans des boîtes en bois qu'il est difficile à décrire que nous appelions "des selles". Et tout était lavé au savon dans cette
eau fraîche.
Quel bonheur ces étangs autrefois, je pense encore au nôtre très souvent avec plaisir et nostalgie.....

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

Il était une coutume  dans notre région d'Availles, peut-être ailleurs du reste mais comme nous ne nous déplacions pas comme c'est le cas aujourd'hui, 
je n'en sais trop rien.
Donc, le 1er mai, il fallait que les enfants couverts de taches de roussseur se lèvent avant le soleil qui est très matinal à cette époque de l'année. Et là, nous allions dans le pré et nous nous aspergions le visage de cette rosée fraîche dans le but de faire disparaître ces points de rousseur.
De toute évidence, ces taches partaient vers l'âge de la puberté
 mais ainsi était la coutume.
En ce qui me concerne, ma mère me laissait dormir et allait au pré récupérer cette précieuse rosée dans un bol et à mon réveil me lavait le visage.
Ne croyant pas de toute évidence à l'efficacité de ce bienfait, ma mère ne m'obligeait pas à me lever, à mon plus grand soulagement....

Combien de fois, ma chère mémé Madeleine s'est-elle levée très tôt en ces matins du 1er mai afin de recueillir cette précieuse " Rosée de Mai "
   
(cliché: Christian Giraud)

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

Dès le petit matin, il fallait conduire le troupeau de boeufs et vaches dans les prés. Là, ils y broutaient a satiété. Souvent, ils étaients conduits par le berger dans les Rallettes. Il n'existait pas alors d'enclos entourés de fils de fer barbelés donc il fallait un berger ou une bergère pour les surveiller. Et surtout un bon chien de berger. Le nôtre était formidable et il portait bien son nom de "Renfort". Lorsque ces bovins avaient bien remplis leurs panses, nous les ramenions au bercail en les faisant passer boire à l'étang. Et ils rentraient docilement par le chemin et contournaient les paillers, ces tas énormes de paille récupérée lors des battages des céréales et qui servaient de litières pour les animaux. L'hiver cette paille servait de nourriture les jours où il n'était pas possible de conduire le troupeau au prè. Ces bêtes rentraient dans l'écurie et chacune allait toujours à la même place où elle trouvait eau et céréales dans sa mangeoire. On les attachait à une chaîne, très lâche et tout l'après-midi, ces braves bêtes ruminaient jusqu'au soir où elles repartaient au pré. Et bien sûr, il y avait la traite du lait deux fois par jour. 

J'ai évoqué les boeufs mais à la métairie, il y avait 100 mères brebis. Et tout comme les boeufs, au petit matin, il fallait les mener paître. Les parcs à moutons, entourés de fils de fer barbelés n'existaient pas et c'était une surveillance importante pour la bergère. C'était maman qui était de corvée mais pendant les vacances ou les jeudis, je la remplaçais souvent. Nous avions une bonne chienne pour nous seconder. Brave "Barbette" qui guettait les brebis. Si l'une d'elle voulait sortir un peu du troupeau, Barbette la ramenait très vite. Lorsque la chaleur montait, les brebis étaient ramenées et le soir, nous les ressortions. Ah! le moment de l'agnelage avec tous ces petits agneaux qui attendaient leurs mères. Je n'ai jamais compris comment parmi ces 100 angeaux, chacun reconnaissait la sienne.
Il y avait la tonte: quelle journée. Elle commençait très tôt. Toujours cette entraide et les voisines des métairies qui possédaient des moutons venaient tondre chez nous et nous leur rendions la pareille. Les hommes restaient car ce sont eux qui attrapaient les brebis et les apportaient à une tondeuse. La brebis était couchée sur le dos et la tondeuse avec ses ciseaux enlevait la laine. Puis la bête était mise sur le côté pour continuer la tonte. Ensuite, un homme attachait les 4 pattes de l'animal et la dame achevait son travail en lui tondant le dos. La tonte terminée, l'homme revenait et détachait la brebis allégée. Cette laine, à l'époque se vendait assez chère. Vers midi, c'était le repas copieux, croyez-moi et ensuite la tonte recommençait. Une fois les brebis tondues, une collation pour tous et les tondeuses regagnaient leurs logis. Les brebis, après la saison du blé, représentaient un gros rapport pour la métairie car les agneaux grandissaient et étaient vendus.

Il y avait aussi les cochons, des bêtes plutôt capricieuses. J'aimais mieux, en tant que bergère, avoir la garde des 100 brebis ou des boeufs que des 20 cochons. Chienne de berger ou pas, ils nous échappaient toujours.
Malgré tout, j'aimais à ramener les mères truies qui allaitaient. Arrivées à leur écurie, elles se couchaient sur la paille fraîche disposée pendant leur absence aux champs et leurs petits se mettaient à têter goulument tandis qu'elles ronronnaient de plaisir. C'était agréable à voir. Dans leur parcelle, elles avaient une mangeoire toujours garnie (les cochons sont omnivores) de légumes cuits, pommes de terre, topinambours, le tout délayé avec du son. Et bien sûr un petit abreuvoir. Il y a quelque temps, j'ai vu un reportage sur l'élevage moderne des cochons. Les truies ne sortent pas de leurs cages et elles ne peuvent pas se retourner pour s'étendre un peu. 2 ou 3 fois par jour, les petits sont lâchés et vont têter n'importe laquelle des mère. J'ai pensé à mes braves mères de la métairie et croyez moi si vous voulez: j'ai pleuré....


Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008
 

  (cliché: Delage Yvonne)


  Cette photo a été prise devant la maison d'habitation où je suis née.
Je suis d'ailleurs en arrière-plan dans les bras de ma tante Marcelle tandis que devant nous, notre chère mémé Madeleine donne du grain aux poules.
Le premier cheval est tenu par Henri Brugier qui a alors 8 ans et qui est déjà très fier de son rôle.
Il y avait encore les vestiges de la première guerre mondiale de 14-18  puisqu'il est coiffé d'un calut militaire.
L'autre cheval de labour est tenu par le patron de la métairie, notre doyen qui est mon grand-père: Pierre Brugier..
 
La voici donc la maison où je suis née. J'ai vu le jour dans la chambre dont la fenêtre est au milieu de la photo. C'est dans cette cour que j'ai fait mes premiers pas parmi poules, coqs, pintades, canards etc, etc..
Au premier plan, notre chère mémé qui en fin de grossesse n'a jamais dépassé 50 Kgs. Chère mémé, adorable mémé... Elle a mis au monde 10 enfants, les a tous allaités ainsi que 3 nourrissons. En la voyant, on imagine mal. Son premier fils est né qu'elle n'avait que 17 ans et demi. Huit filles ont suivi, puis le 10ème, un fils! elle avait 46 ans. Ce dernier fils, c'est lui qui est sur la photo tenant la laisse du cheval coiffé d'un calot militaire que portait les "poilus". Et mon pépé que j'adorais, c'est lui qui tient la laisse de la grosse jument. Il a vraiment l'allure du parfait paysan avec son gros costume de velours et sa chère pipe mais c'était un homme très cultivé. Sa mère était issue d'un milieu très bourgeois. La huitième de ses 8 filles, au fond tient dans ses bras celle qui vous conte ces anecdotes. J'étais alors âgée d'un an et demi...
Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

Nous avions la visite du facteur lorsqu'il y avait du courrier ce qui n'était pas quotidien. Ils avaient du mérite ces porteurs de messages car ils faisaient leurs tournées à pied. Ils quittaient la poste avec leurs sacs souvent très lourds. Chacun commençait par un petit quartier du bourg et ensuite, c'était la tournée dans la campagne d'une habitation à l'autre. Entre les métairies, il y avait quelquefois 2kms, voire plus. Et il y avait des côtes à grimper. Oh!, ils étaient munis d'une canne qui soulageait leurs jambes. Car de métairies en métairies, en fermes, en maisons isolées, notre facteur, le soir s'était bien "tapé" 20 à 25 kms. Et pas de dimanches, ni jours fériés, le courrier était distribué chaque jour. Notre facteur arrivait aux Carrières à l'heure où nous allions déjeuner vers midi. Pépé disait "allez Paul, vous mangeriez bien ma soupe". Le facteur accrochait son sac, enlevait sa casquette et mangeait avec nous, ceci 2 ou 3 fois par semaine. Le samedi surtout car il y avait ce jour-là, le journal hebdomadaire de Pépé "Le moniteur de la Haute-Vienne". Pépé le dévorait son journal régional, n'en laissait pas passer une ligne. Dès que j'ai su lire, je le parcourais mais ce qui m'intéressait surtout, c'était les contes en patois. Ce que c'était plaisant et amusant à lire. J'avais découpé beaucoup de ces contes mais au cours de nos divers déménagements, ils ont disparu.
Ces braves facteurs: le dimanche, ils nous attendaient, nous les enfants, à la sortie de la messe et nous remettaient le courrier du hameau. Ils avaient ainsi moins de kms à faire et, nous les enfants, étions fiers de cette confiance.
Plus tard, les vélos sont arrivés mais dans la montée des côtes, il fallait pousser le facteur. C'était un grand allègement sur les terrains et chemins une fois la côte gravie. Pour ma part, depuis mon enfance, les facteurs sont des êtres sacrés. Ce ne sont pas toujours de bonnes nouvelles bien sûr qu'ils nous amènent mais nous les identifions à la famille, aux amis...
Chaque jour, j'attends son passage, c'est encore une habitude bien ancrée. Je ne sais plus quand les tournées du dimanche ont été supprimées mais elles existaient encore en 1950.

Je me permets également d'ajouter ces détails qui ne sont pas des moindres.
Ils ont été de tels messagers pendant la guerre.
Avons nous pu guetter leur passage....

 

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

(cliché: Delage Yvonne

Ces deux chasseurs, mon oncle et le valet de ferme si on peut dire, car chez mes grands-parents, le valet faisait un peu partie de la famille. Il était des métairies où ces valets étaient traités comme des inférieurs. Chez nous, pas de sentiments pareils. Celui-ci est resté 6 ans, C'est pour partir au régiment qu'il nous a quitté. C'est lui qui est à gauche sur la photo. Mon oncle a une casquette et il tient "Comtesse", une brave chienne de chasse. L'autre chien, c'est "Castor" mon copain, bête trés intelligente et douce. Je ne sais si ce jour-là, les chasseurs avaient ramené du gibier. En tout cas, en-ai je mangé des lièvres, des lapins de garenne, des perdreaux... Mais c'était du vrai gibier sauvage.
Voilà donc, ces deux jeunes hommes d'environ 20 ans vraiment fiers de leur virée dans les prés et les haies...
Mais comme tous les chasseurs, avant d'entrer avec leurs fusils dans la maison, ils ouvraient leurs fusils et enlevaient les cartouches. Ensuite, ils accrochaient  leurs armes déchargées.
Jamais un chasseur n'aurait pénétré dans l'habitation avec son fusil en état de tir..... 
 

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008
  (cliché: Delage Yvonne)

  Ce cliché date du 28 septembre 1939 lors du départ de la métairie. 
Les personnages de cette photo sont: une voisine, tata Edith, mon grand-père, tante Marcelle avec ses 3 enfants, Henriette, Raymond et Hubert, mémé Brugier, Madeleine, une autre voisine.
Le personnage à droite de dos en bordure de photo, c'est Joseph Brugier, le frère de mon grand-père qui venait apporter son aide pour ce déménagement.
Le dernier personnage grimpé dans la charette, c'est un voisin Antoine venu également apporter son soutien pour cette journée des adieux à la ferme.
Il a fallu entreprendre plusieurs aller-retour entre la ferme des Carrières et  Availles-Limouzine (une dizaine) pour arriver à tout déménager.
Ce démanagement était directement lié à la retraite de pépé Brugier âgé de 70 ans.
  

Et voilà donc le départ de notre cher hameau des Carrières. La vie allait nous séparer: les grands parents, oncles, tantes, cousins et nous éloigner les uns des autres. Et la guerre qui était déclarée, où allait-elle nous conduire? Nous étions le 29 septembre 1939. Par un hasard étrange, mes grands parents étaient arrivés aux Carrières le 11 novembre 1918, jour de la fin de la terrible guerre 1914-18. Ils avaient déménagé de l'autre métairie au son des cloches qui pendant plus de 12 heures avaient sonné à toute volée. 26 jours après le toscin du 3 septembre 1939, ils prenaient leur retraite.
Pour ma part, mon enfance choyée, mon adolescence tranquille étaient terminées. J'entrais dans le monde des adultes. Qu'allait-il me reserver comme avenir? J'ai vécu cette vie parsemée de bien des aléas souvent durs à subir mais le souvenir de ces 16 premières années a illuminé tout ce temps et, même encore à 85 ans, je le remercie.
Ces 16 années, je les évoque toujours avec délice et émotion.

Il est un âge dans la vie
où chaque rêve refleurit
 où chaque peine refait surface
Mais les souvenirs heureux les atténuent

Par DEBIEUVRE René-Marc
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AVAILLES-LIMOUZINE

 Cette autobiographie est directement liée à cette commune aux confins du Limouzin, du Poitou et des Charentes
Elle représente les années priviligiées du monde agricole qui ont précédées la 2ème guerre mondiale.

MUSEES

SERRE-AUBERGE DE LA TUILERIE

MAURICE DUFRESNE
(Indre & Loire)


SAINT-LOUP
(Nièvre)

 
BOTANS
(Territoire de Belfort)

 
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