AUTEUR

  Quand cette femme se permet de raconter mon enfance!!
Jeudi 10 avril 2008

Chaque automne, nous voyions venir les ramoneurs de cheminée. Ils arrivaient avec leurs petites charrettes où était entassé leur outillage et probablement leur linge et tout ce dont ils avaient besoin pendant leur longue absence de chez eux. Si je m'en souviens bien, ils  venaient d'Auvergne, des hommes très polis et très affables. Les mêmes venaient souvent plusieurs saisons de suite et avec les hommes de la maison, ils installaient les échelles de la métairie qui étaient très hautes. Et ensuite, ils ramonaient, quel chantier!! Quand le travail se terminait, ils étaient noirs de suie et comme il n'y avait pas de douches à cette époque, ils se lavaient à l'eau froide. Ils avaient leur nourriture mais s'ils passaient à l'heure du repas du midi ou du soir, ils acceptaient une bonne soupe. Si c'était dans la soirée qu'ils venaient chez nous, ils couchaient dans la grange, dans le foin. Ils ramonaient ainsi pour se faire un peu d'argent mais avaient hâte que la saison se termine pour retrouver leurs familles. Ils repartaient en poussant leurs charrettes, quels braves gens!!!

De même que passaient les ramoneurs, nous avions les rempailleurs de chaises. Mais ce n'était pas la même utilité. Si les cheminées devaient être ramonées chaque année, les chaises ne s'usaient pas d'une année à l'autre. Pour nous mettre à table d'ailleurs, nous avions des bancs en bois sauf pour les 2 places en bout de table. Oh, il y en avait des chaises mais elles ne servaient pas assez pour que la paille s'use vite. Quand le rempailleur passait, on trouvait une ou deux chaises à réparer. Lui aussi avait sa petite charrette et pour les repas et le coucher, c'était toujours la même méthode. En avons-nous hébergé de ces travailleurs! Mais nous étions tellement contents de leurs passages qui étaient appréciés à leur juste valeur. Et toujours des gens honnêtes, polis et serviables...


 

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

(cliché: Delage Yvonne)

Ce fut en 1932 un évènement dans tout le monde agricole de la commune. Le premier tracteur était arrivé. Jusqu'alors, labours, fenaison, moisson étaient effectués avec les boeufs et les chevaux de trait ou à la main pour les foins dans les collines abruptes. A la main, c'est à dire à la faux...
Ce tracteur fut offert par le propriétaire des 3 métairies qu'il possédait, ce qui représentait plus de 300 hectares.
Mais qui allait le conduire et s'en occuper de ce tracteur?
Mon oncle qui avait fait de l'apprentissage de mécanicien se proposa et c'est ainsi que ce monstre (à l'époque) atterrit aux Carrières, là où nous vivions. Il fallu bâtir un bâtiment pour le loger qui fut ainsi nommé: garage.
Ce tracteur était arrivé muni de 3 sortes d'outils: une charrue à 3 socs, une moissonneuse-lieuse, une machine à couper le foin. Il économisait beaucoup de travail pour les hommes. Cela ne les empêchait pas de travailler avec leurs boeufs et chevaux pour les labours et fenaison et moisson. Car l'entente entre les propriétaires qui avaient acheté le tracteur stipulait qu'il devait servir dans les 3 métairies. Alors, les jours où mon oncle allait besogner chez les autres, eux envoyaient un homme travailler chez nous. C'était normal et tout le monde y trouvait son compte.
Les jours de moisson, les glaneuses venaient derrière les moissonneuses et elles recherchaient les épis de blé échappés de la moissonneuse. Elles se faisaient des petites gerbes que le soir elles emportaient je ne sais trop bien comment. Souvent leurs maris, après leur journée de travail: maçon, couvreur, charron, menuisier etc, venaient les rechercher avec brouettes ou vélos pour ceux qui avaient le privilège d'en posséder un. Ces braves gens habitaient le bourg où ils possédaient un enclos avec quelques poules.
La moisson s'effectuait en juillet, saison particulièrement chaude et fatiguante. Mais l'ambiance était agréable, conviviale entre moissonneurs, glaneuses et leurs maris. Souvent la journée se terminait par un "trinquage" (boire un coup).
Sur la photo, on voit la roue du tracteur démunie de pneus mais entourée par des crochets de fer, c'était ainsi... 

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008
(cliché: Delage Yvonne)

L'arrivée du tracteur ne changea guère le travail des chevaux qui fournissaient un labeur important. Nous avions 3 chevaux qui participaient aux labours tirant allègrement la charrue et surtout le brabant qui est une charrue à double socs. Ils charroyaient les charretées de foin, de gerbes, de céréales..et quelles charretées!!!
Et pour les moissons, ils étaient attelés à la moissonneuse-lieuse et avant l'apparition du tracteur, ils assumaient la totalité du travail de trait. Ils étaient d'une grande utilité dans la métairie. Aux vendanges, c'étaient les chevaux qui ramenaient les barriques de raisins amarrées sur une charrette.
Nous avions une jument de trait appelée...."Coquette" et nous avions surtout "Boulot", ce brave cheval qui assurait également notre moyen de locomotion. Attelé au char à bancs, il emmenait ses passagers souvent très loin. On l'utilisait lors des foires ou quand un des couples de chez pépé voulait, un dimanche, aller voir ses parents. Ces jours là, il trottait sur une trentaine de kilomètres avec, dans le char, 3, 4 adultes et 2 enfants.
Au point de vue nourriture, surtout l'avoine, nos chevaux n'en manquaient pas et chaque matin, papa faisait leur toilette, brossage, etc...
Je ne me souviens plus trop du troisième cheval. Il était vieux et a du prendre sa retraite alors pépé a acheté un mulet baptisé "Paulin", oh le capricieux!! Et lorsqu'on dit "têtu come un mulet", c'est la pure vérité. Lorsqu'il n'avait pas envie de travailler et qu'il voyait arriver les harnais pour l'attelage, il partait au galop et revenait quand ça lui plaisait, bien souvent dans l'après-midi. Où encore, il se cachait dans un endroit qu'on a jamais pu localiser. Mais quand il était au travail, c'était un "bûcheur". Parfois, lui aussi était attelé au char à bancs mais le problème c'est que quand il fallait tourner à gauche, lui il préférait la droite si bien qu'il nous entraînait toujours dans des grands détours.
Nous vivions donc parmi tous ces animaux, c'était agréable, plein de vie. Humains et animaux avaient beaucoup d'occupations pendant les longues journées de travail: 5h du matin à 21-22h le soir avec une pause de deux heures l'été. L'hiver, les journées étaient moins longues dehors mais toujours chargées de travail. C'était ainsi la vie à la campagne et nous trouvions ça normal avec comme partout, les bons et les mauvais moments.
Je garde surtout les bons souvenirs.....
Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

 Nous avions souvent la visite, enfin le passage du "marchand de peaux de lapins". C'était un habitant du bourg qui allait de fermes en métairies et chez les habitants des campagnes. Il parcourait ses tournées à pied pendant lesquelles il achetait les peaux de lapins. Il avait des bâtons sur les épaules où il glissait les diverses peaux. Ces peaux, sitôt le lapin dépouillé, étaient tendues sur une branche d'osier recourbée car l'osier est très souple et ne casse pas. Ensuite, elles sèchaient en attendant la venue du ramasseur. Son vrai nom de famille, je l'ai su beaucoup plus tard mais à cette époque, nous le nommions Marin. Il était très agréable et serviable et lui aussi bénéficiait d'une bonne soupe chez pépé.
Un jour, il est arrivé à vélo, oh! pas un neuf. S'il ne montait pas sur ce vélo, celui-ci lui permettait de collecter davantage de peaux de lapins et des chiffons. Je ne savais pas où il revendait ces peaux et ces chiffons mais à l'époque, on ne jetait rien, tout était récupéré. L'élevage des moutons a prospéré dans le pays si bien que Marin s'est lancé dans la recupération de la laine qui commençait à proposer des débouchés. La laine prenait à l'époque beaucoup de valeur et c'est ainsi qu'il a pu acheter sa première petite voiture. Il s'est marié, a acheté sa première maison et en 1938, un petit garçon est né. Tout allait bien mais un an plus tard, la guerre éclata. Tout bouscula d'autant plus qu'au moment de la débâcle, il fut fait prisonnier. Nous avons, pour notre part quitté le pays mais j'ai appris par la suite qu'il avait repris son commerce une fois sa libération obtenue en 1945.Son activité a très bien marché, ce qui nous a beaucoup satisfait  car c'était un bon travailleur... 



Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

Quelle agréable coutume que les feux de la Saint-Jean!!!
Ce 24 juin etait un des jours le plus long de l'année et le soleil se levait vers 4h du matin et avant qu'il ne se pointe, il y avait du travail. 
Pépé, ou un des hommes travaillant à la métairie, soit mon père ou un de mes oncles, allait couper des branches de chataîgnier. Et dès 3h du matin le 24 juin, tous au travail qui consistait à couper des branchettes, qu'il fallait fixer à chaque porte de la métairie qui en comptait une vingtaine. Je n'ai pas souvenir comment ces branchettes étaient fixées.
Pendant ce temps, mémé, maman, mes tantes faisaient des bouquets de fleurs qui étaient accrochés aux portes d'entrée de la maison et aux volets des fenêtres des chambres. C'était très décoré partout afin de satisfaire le soleil pour qu'il soit content à son lever. 
Le soir, il y avait le feu de la St Jean allumé dans la cour après le coucher du soleil. Ensuite, de la métairie, nous partions par la côte des Rallettes à un bon kilomètre et de là, nous admirions les feux allumés dans les hameaux de l'autre côté de la Vienne. Quel point de vue avions-nous de cette côte des Rallettes. Quel régal pour nous, qui de cet endroit assistions à ce spectacle et dont les feux étaient éloignés de nous de plusieurs kilomètres.
Souvenir inoubliable!!!!
 


(illustration: Patie

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

Nous avions aussi les aiguiseurs de ciseaux qui nous étaient très utiles. Pour les couteaux, les faux, les outils tranchants, il y avait le nécessaire à la maison. Quand mon père aiguisait un couteau, il fallait ensuite faire attention. Mais pour les ciseaux, c'était plus délicat et les femmes étaient ravies du passage de cet aiguiseur.
Un brave homme venait souvent, lui il n'avait pas de charrette mais faisait du porte à porte avec seulement ses grosses besaces et sa canne. Il faisait de tout, réparait plein de choses, racommodait la vaisselle et j'ai toujours d'ailleurs un de ces plats réparés. Cet homme était déjà âgé, très vantard, il se prétendait être issu de la haute bourgeoisie et avoir raté sa vie. Il avait en effet l'air assez érudit et à table nous contait des choses intéressantes.
Puis, nous ne l'avons plus revu et n'avons jamais su ce qu'il était devenu....

"mazarine" réparée par les soins de cet aiguiseur

     







(clichés: Agnès Faudeau)

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

J'ai déjà parlé du ravitaillement en épicerie qui s'effectuait par le passage d'épiciers du bourg. L'un passait 2 fois par semaine et l'autre, venant du Vigeant, seulement une fois.
Mais il y avait les "marchands" d'autres sortes de produits, par exemple, les vendeurs de draps. C'était toujours au même que mémé, maman, les voisines achetaient leur "toile à draps". Bien sûr, il vendait des draps mais les ménagères campagnardes préfèraient acheter la toile au mètre. C'était de la toile d'un mètre en largeur, ainsi il fallait par drap 5m50 et ensuite, le tissu était coupé en 2 et surgeté finement lisière contre lisière. Puis les ourlets étaient réalisés à la main avec quelle finesse!! Ensuite, les draps étaient "marqués" aux initiales de la propriétaire avec du coton à marquer rouge. Je possède encore de ces draps, ce sont des draps de "dessous" comme nous disions alors. Ce qu'on dort bien là-dessus et si aujourd'hui, les draps housses simplifient la vie, ils ne valent pas nos bons vieux draps..


draps brodés par nos soins aux initiales de nos 2 familles
DELAGE-BRUGIER
                                                                                                                                                  

  






(clichés: Agnès Faudeau)

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

  (cliché: Delage Yvonne)

Cette photo a été prise à l'occasion d'un jour férié réunissant mon père René, mémé et pépé Brugier, Raymond Niquet, Pierre Niquet et sa gamine Henriette et sa femme Marcelle contre lui. Ensuite, maman qui a devant elle le plus jeune présent ce jour-là, Hubert Niquet tandis qu'Alcide, le valet de ferme se croise les bras.
Pour ma part, je me situe à droite de la photo prise en juillet 1939.
La fenaison était un travail assez pénible mais agréable. Elle se pratiquait en juin, début juillet souvent sous les grosses chaleurs. Nous avions la chance d'avoir une faucheuse tirée par des chevaux. Mais dans les champs à montée abrupte, telle la côte des Rallettes, c'étaient les hommes qui coupaient l'herbe avec leurs faux. Ce fauchage avait lieu de bonne heure le matin. Si le soleil était très ardent dès le matin, le foin séchait et l'aprés-midi, nous pouvions le "tourner", c'est à dire le mettre à sécher du second côté. Il arrivait des jours très chauds où l'on pouvait le rentrer ou le mettre en meules sur place le soir. Quelles journées!!!
Ce fut un jour de fenaison qui est représenté sur cette photo. Le temps était trés lourd ce dimanche. Pépé nous demande d'aller chercher le foin sec qui était bon à rentrer pressentant qu'il y aurait de l'orage le lendemain. C'est que qui se passa et attelant les boeufs à la charrette, nous sommes allés chercher le foin pour le mettre à l'abri.
Voilà, à la fin du travail, chacun se désaltère. Notre petite mémé sert à boire et nous ayant préparé, croyez-moi un bon dîner. Le lendemain, ce fut une journée d'orages violents avec pluie incessante. Une fois encore, pépé avait eu raison....

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

(cliché: Delage Yvonne)

Mais que sont ces énormes meules au bout du pré que l'on nommait gerbiers. Quand les moissonneues fauchaient les blés, avoines, seigle, il fallait mettre les gerbes en tas aussitôt. Mais des ces tas étaient constitués de façon, qu'en cas de pluie, les épis ne soient pas mouillés. Puis par charretées tirées par les boeufs ou les chevaux, ces gerbes étaient ramenées et les hommes confectionnaient les gerbiers où l'eau ne pouvait atteindre les épis. Ces gerbiers attendaient alors que la machine à battre vienne, et là, pendant 2 jours, c'était un travail qui occupait pour le moins 30 hommes. Les femmes, elles-aussi ne manquaient pas d'occupations, s'affairant à préparer les repas de tous ces travailleurs
Mais quelle ambiance agréable...

Par DEBIEUVRE René-Marc
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Jeudi 10 avril 2008

Lorsque nous étions dans la métairie, alors que j'étais enfant, les assurances sociales n'existaient pas encore. Au début de leurs existences, on les nommait ainsi. Par la suite, après la guerre, il y eu la Sécurité Sociale, cette bonne vache à lait intarissable.
Donc les soins étaient dispensés avec les moyens du bord, enfin du domaine. Je regrette de ne plus me souvenir de l'usage de toutes les décoctions si souvent préparées par mémé. Une rhinopharingite de maintenant que nous nous contentions d'appeler un "rhume carabiné" était soigné par des sudations provoquées au lit pendant une journée ou quelquefois la nuit suffisait, il ne fallait pas gaspiller son temps
Grog corsé bouillant et au lit sous les couvertures de laine et le gros édredon, une chemise de rechange pour les hommes sous l'édredon, pour les femmes une chemise de nuit. Suivant les goûts, certains prenaient un bol de lait très chaud additionné de quelques gouttes de teinture d'iode. La laine ne manquait pas avec toute cette tonte des moutons. Partout, nous couchions sur des "couettes" de plumes et nous ne craignions point le froid aux pieds car les lits étaients recouverts par d'imposants édredons. Ces édredons étaient gonflés de duvet d'oie et certaines des couettes d'ailleurs étaient également garnies par ce même duvet. En fallait-il des oies pensez-vous! Il en était élevé une vingtaine chaque année. Les petites plumes étaient employées pour les couettes mais pour les édredons, c'était du pur duvet. Les oies vivantes étaient plumées 2 fois l'an. Dès que les chaleurs de juin apparaissaient, premier plumage et au cours de l'été, on procédait au deuxième, le cou et les dessous d'ailes étant plumés vers Noël
Mais revenons au rhume qui sortait par les pores avec la sueur. En cas de toux accompagnant ce rhume alors là les cataplasmes à la farine de lin soupoudrés de farine de moutarde (oh, ça chauffait) et un jour au lit en plus. Si ça paraissait plus sérieux, c'était le grand déploiement de ventouses simples ou scarifiées. J'ai un souvenir ineffable de ces soins mais ce qu'il faut dire, c'est que ces soins étaient dispensés au malade, suant sous l'édredon avec la bouillotte aux pieds et ces liquides bouillants avalés, couché dans une pièce où le thermomètre (s'il y en avait un) aurait oscillé entre 8 et 12°, et encore moins en cas de gros gel. Si la maladie dépassait l'ententement de mémé, pas d'hésitation, on allait quérir le médecin. Ce n'était pas une mince affaire. Il fallait atteler le cheval au char à bancs et partir prévenir le docteur à 3kms . S'il était en visite à l'autre bout de la commune et que sa gouvernante, cuisinière (elle faisait tout, la Pâquette), ne connaissait pas son itinéraire, il fallait attendre ou, avec le cheval, partir à sa recherche.
Lorsque nous, les enfants, avions soit la rougeole, soit les oreillons..., alors là le docteur était appelé aux premiers symptômes. Je me souviens de ma rougeole (qui ne sortait pas), le docteur est venu 2 fois dans a même journée. Je me souviens encore de sa voiture qui maintenant serait une antiquité rare.
Revenons à nos ennuis de santé soignables avec les moyens du bord. Le mot dermatologue était-il inventé? On disait peut-être en ville, un spécialite des maladies de peau. Nous simplifions tout cela, une bonne décoction de feuilles de noyer et ça partait,  et c'était, paraît-il, un bon dépuratif. Je ne me rappelle plus combien de temps durait le traitement de cette décoction mais par contre je me souviens bien du verre de cette mixture qu'il m'a fallu avaler pendant maints et maints jours à l'occasion de cette maudite rougeole. Ce que ça pouvait être amer...mais en contrepartie, je n'ai jamais eu de boutons...
Lorsque on ouvrait le placard à pharmacie, on n'avait pas de boîtes de comprimés, de pilules etc... comme sont encombrées nos armoires aujourd'hui mais plutôt, teinture d'iode, eau oxygénée, fleurs de lys dans l'eau-de-vie, alcool à 90°, poudre de Vichy pour la digestion, huile camphrée pour les douleurs, sanoline = pommade pour les gerçures et sirop Vert Cadet pour les enfants. Voici le contenu de cette pharmacie.
Mais il y avait également les boîtes à tilleul, menthe, feuilles de ronces, de noyer, camomille etc, etc... bien séchèes à l'ombre et attendant l'utilisation. Maintenant, on ne pratique plus tout cela, on complique les maladies avec des médecines pas toujours adéquates.
Progrès, où nous mène-tu?

Encore aujourd'hui, je reste fidèle à la tradition de ma chère mémé Madeleine en conservant mes propres fleurs de lys imbibées d'alcool.... 

  (cliché: Christian Giraud)

Par DEBIEUVRE René-Marc
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AVAILLES-LIMOUZINE

 Cette autobiographie est directement liée à cette commune aux confins du Limouzin, du Poitou et des Charentes
Elle représente les années priviligiées du monde agricole qui ont précédées la 2ème guerre mondiale.

MUSEES

SERRE-AUBERGE DE LA TUILERIE

MAURICE DUFRESNE
(Indre & Loire)


SAINT-LOUP
(Nièvre)

 
BOTANS
(Territoire de Belfort)

 
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