Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /Avr /2008 15:17

Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /Avr /2008 15:14
La maison du Professeur Veillon à Availles-Limouzine
 ainsi qu'un article de presse le concernant

Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /Avr /2008 15:13
 Par un hasard de circonstances, peu banales dans nos campagnes, c'est cet éminent professeur Veillon qui m'a mise au monde. Je me sentais bien au chaud dans le cocon maternel mais ma venue se présentait mal. La sage-femme (que j'ai bien connue aussi) a dit qu'il fallait le docteur. Hâtivement mais sûrement, on a attelé le cheval au char à bancs (seul moyen de locomotion alors). Mais à 13h, le docteur Tingault, seul docteur au pays, était parti faire ses visites avec sa teuf-teuf dans les campagnes. La "Pâquette" (que j'ai bien connu aussi), qui s'occupait de tout chez le docteur Tingault a pensé au professeur Veillon qui se trouvait là: en retraite, en vacances?
C'est donc
lui qui a sauvé mère et fille et ainsi, grâce à lui, je mettais mon nez à la porte de la vie.
Mon arrivée dans ce monde commençait de façon originale pour l'époque. Et aussi, il y avait comme une prémonition car par la suite à combien de grands professeurs ai-je eu affaire dans divers hôpitaux parisiens

Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 15:02


 Mon enfance se situe dans la campagne environnante de cette agréable cité bercée par les flots de la Vienne. Située aux confins du Limousin, du Poitou et du Pays Charentais, il est difficile de définir d'une façon précise la mentalité de ses habitants mais une chose est certaine, ils sont toujours  imprégnés d'une sérénité sans égale. Il faut dire que cette campagne est toujours très calme et reposante apportant à chacun une dose quotidienne de paix et de bonheur de vivre....


Et avant tout un rappel de ma naissance
 (19 février 1923)
Je suis au chaud dans le cocon maternel. Mais à certains mouvements qui se produisaient dans ce cocon, je sens qu'il me faut en sortir. Je m'y résigne mal et à ma chère maman, je lui inflige bien des souffrances. La "Mère Jacques", sage-femme renommée dans le pays se déclare incompétente seule et prétend qu'il faut le docteur. Ce n'était pas simple, il a fallu q'un homme de la métairie attelle le cheval au char à bancs et en route pour les 3 km 500 par des chemins pierreux. Arrivée à la maison du docteur qui était parti. La "Pâquette" se souvient alors que le Professeur Veillon est en vacances en ce moment. Alors, hop, en route pour traverser le bourg dont la maison est à l'opposé de celle de notre docteur. Le professeur est là et acccepte de venir dans notre campagne.
  Grâce à lui, je mets mon nez à la porte de la vie...
Les souffrances de maman s'arrêtent et la "Mère Jacques" est soulagée et contente. Que de fois me l'a t-elle dit quand j'ai grandi:
"Ah! tu m'as fait bien peur toi"
Un an après cette naissance, l'installation de l'électricité dans la métairie s'achevait et allait ainsi remplacer les lampes à pétrole, les bougies, ect... Je gênais les ouvriers dans la cuisine et pour qu'ils en finissent tranquillement, on m'a mise dehors, sur une couverture dans mon appareil rustique où j'apprenais à marcher. Tout à coup, une de mes tantes s'est écriée: "la p'tiote n'est plus sur la couverture".
On m'a retrouvé au tas de fumier des cochons, voilà où mes premiers pas m'ont conduit: ça y'est, je marchais....

Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 15:00

   (cliché: Delage Yvonne)


Pépé était bien sûr le métayer. Il était dans cette métairie le grand chef, le patron. Il était très intelligent et il savait régler chaque jour le travail de chacun. Bien évidemment, il aurait pu être quelqu'un d'autre qu'un paysan. A cette époque les lycées étaient réservés aux gros bourgeois. Pourtant lui-même était issu d'une de ces familles. Il avait été à l'école et il écrivait très bien et sans fautes. Le voilà avec notre chien "Renfort" qui dans les prés surveillait les vaches et boeufs. Je l'ai bien connu, il était merveilleux et tous, nous l'aimions beaucoup.
Au travail pépé était trés sobre. Oh! la boisson ne manquait pas. L'été, au travail des champs, les hommes emportaient du vin coupé d'eau, eau avec café, eau avec alcool de menthe. Dans chaque pré, il y avait une fontaine trés fraîche. Chacun se désaltérait à son goût quand pépé leur disait "allez boire un coup les gars". Lui puisait une gorgée pour alimenter sa salive et repartait. Son secret était simple: en juin il avait un noyau de cerise dans la bouche et hors saison de ce fruit, un petit caillou.
Pépé mettait des paroles sur tous les chants d'oiseaux et en patois bien sûr mais je les ai oublié. L'alouette parlait de ciel bleu. Le loriot, je m'en souviens mais la traduction en français n'a aucun sens. Il se servait d'un "appeau", j'en ai sauvé un, on souffle dedans mais aucun son n'en sort. Lui avec ce petit truc, il imitait plusieurs chants d'oiseaux à s'y méprendre.
Aux veillées d'hiver, tous nous étions réunis sous la lumière avec devant nous un bon feu de bois dans la cheminée. Les femmes tricotaient, ou brodaient, ou filaient la laine au rouet. Les hommes préparaient de l'osier et ensuite faisaient des paniers. Et pépé chantait en nous faisant chanter également. De penser à ces veillées, j'ai chaud au coeur et éprouve un bien-être peut-être difficile à comprendre. Voilà ce qu'était mon pépé. C'est lui qui m'a inculqué le mode de vie que j'ai toujours gardé dans mes épreuves.
Il faut toujours regarder le bon côté et ne jamais se laisser abattre.... 



l'appeau de pépé

(cliché: Agnès Faudeau)

Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 14:55
 

Cinq années se sont écoulées et le début de l'école arrive. J'ai 5 ans et en principe, je dois commencer le 1er octobre et comme à la métairie, je suis toujours la "p'tiote", mes parents et toute la famille sont anxieux. Je n'étais pas bien grande, d'accord mais c'est que pour cette rentrée au bourg, il y avait 3km et demie à faire à pied... Alors mes parents ont demandé s'il était possible que je ne fasse ma rentrée qu'après les vacances de Pâques. Cette faveur fut accordée à une condition: que l'on m'apprenne au moins l'aphabet et BA (ainsi se nommait le premier livre), que mes parents devraient acheter. Et ainsi début avril, je commençais ces parcours au travers prés et chemins pierreux. Le matin, ce n'était rien ces 3 kms 500 car c'était toujours en descente ou à plat. Oh! ces Rallettes qu'il fallait parcourir, quel panorama. Jamais pendant toutes ces années, je n'ai passé sans un bref instant le matin, plus long le soir, sans admirer la Vienne et le bourg que l'on voyait de là. Je l'ai encore dans les yeux quand j'y pense .
A 500 mètres à peu près de la métairie, je retrouvais 2 frères qui allaient à l'école. Ils étaient vraiment mes chevaliers servants, m'aidaient à porter mes sacs de livres et le sac du repas de midi. Je les remercie encore pour leur gentillesse fraternelle et cette sécurité que je ressentais auprès d'eux. Le printemps et jusqu'aux vacances, à l'époque au mois d'août, nous faisions ce trajet avec plaisir dans cette merveilleuse campagne. Malgré l'heure matinale: 7h30 , nous profitions des premiers chants d'oiseaux, du soleil encore pâle. Le soir, au retour, il y avait toujours les chants d'oiseaux mais surtout les bruissements des vols d'insectes. Et nous profitions des joyeux et gais coloris d'une flore parfumée de tant de senteurs aujourd'hui disparues.
L'hiver était moins agréable. Nous partions et revenions à la nuit pratiquement, c'était ainsi. Et nous avions des camarades qui eux, ne faisaient pas 3 kms à pied comme nous mais 5 à 6 et parfois même 8kms.
Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 14:51
 


Malgré les kilomètres à pied qu'il nous fallait accomplir, nous étions tous heureux de reprendre le chemin de l'école après les vacances. Nous nous y plaisions dans ces jolies classes et les maîtresses étaient très attentionnées pour nous tout en étant particulièrement sévères
Aux récréations, nous jouions dans une grande cour à divers jeux. Il y avait largement la place pour s'exercer à la corde à sauter, organiser des parties de cache-cache, démontrer notre adresse au jeu de quilles, etc, etc...
D'autres bavardaient ou commentaient les devoirs et leçons. Tout cela était très agréable et nous étions fiers, ainsi que les habitants de la commune de posséder un groupe scolaire aussi beau...


( première photo d'école en 1929 )

Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 14:49

Dans nos campagnes, les mariages représentaient de grands évènements. Les familles, les voisins étant invités, on arrivait vite à 80-100 convives. Je suis allée à plusieurs de ces mariages durant mes 16 premières années avec mes parents. J'ai toujours d'ailleurs les grandes photos de ces groupes.
Le mariage dont je me souviens le mieux, c'est celui des deux soeurs (les plus jeunes) de maman. Car elles étaient 8 soeurs: les 6 autres étaient déjà mariées. Ce mariage eut lieu la veille de mes 7 ans, le 18 février 1930. Ah!, ce n'était pas le même temps que le jour de mon 1 an où j'étais dehors faisant mes premiers pas. Ce jour-là, il faisait très froid et il y avait 2 cm de neige. Nous étions dans notre campagne, sans aucun moyen de locomotion à cette époque. Il fallait donc se déplacer à pied jusqu'au bourg où tous les mariages civils et religieux étaient célébrés et nous devions revenir ainsi avec cette fameuse "côte des Rallettes" à grimper. Ces 2 mariages simultanés représentaient ainsi plus de 100 invités, heureusement que ça se passait l'après-midi.
Nous sommes donc partis par des chemins ennéigés et pierreux. En arrivant à la route, il a fallu former le cortège. Une des mariées était ma marraine et je devais donc tenir son voile (on disait porter le voile). Mon cavalier de 12 ans renâclait, étant comme tout le monde, frigorifié. Je ne me souviens plus très bien des détails concernant les cérémonies dans le bourg mais je garde parfaitement en mémoire ce repas de plus de 100 personnes. Comment était-il préparé et où, ça aussi je ne m'en souviens pas mais le menu était copieux, bien corsé et tout le monde s'est très bien restauré.
C e repas était servi dans une grange bien arrangée, isolée par des draps, sur des grandes tables à tréteaux. Je me rappelle des chanteurs et moi-même, j'ai chanté une chanson aux mariés que pépé m'avait apprise. Pépé aussi a chanté, bien sûr.
Dans la grande cour devant le grange, les invités allaient se réchauffer devant un immense bûcher qui créait aussi l'ambiance. Dans une grande remise cimentée, les jeunes pouvaient danser, car évidemment, il y avait un accordéonniste. Déjà le matin, il avait précédé le cortège sur la route et dans le bourg.
Voici donc, malgrè la rudesse de la température, la délicieuse journée dont j'ai, après 78 ans, un souvenir aussi vivace


Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 14:48
    (cliché: Delage Yvonne)


Cette photo représente l'unique moyen de locomotion de la métairie. Ce jour là il était conduit par mon père René et à ses côtés, mémé et pépé Brugier. Derrière on aperçoit la tête de ma mère Madeleine. En ce dimanche ils revenaient de la vigne située à 4 kms où ils étaient allés vérifier ensemble le taux de mûrissement du raisin.


Comment s'effectuait le ravitaillement?
Pour la viande, pas de problème. Déjà la consommation était moins importante que maintenant. Il y avait les porcs transformés en salé, pâtés et rillettes, lard, etc, etc...
Les agneaux, poules, poulets, lapins; gibier ramené par les chasseurs, pigeons (pépé s'en occupait) mais également pintades, dindes, chapons sans compter les quantités impressionnantes d'oeufs. Toutes ces bêtes, à part les lapins, élévés en toute liberté ne consommaient que de la nourriture naturelle. Quant aux légumes, c'était l'abondance et il y avait aussi les poissons de l'étang. C'est que nous étions 12...
Les besoins en épicerie, deux épiciers passaient chaque semaine dans les campagnes avec leurs voitures bien garnies. Donc, ils nous fournissaient le café, l'huile, le sucre, la chicorée etc, etc.. Ils rachetaient les oeufs en surplus, des fromages frais, c'était presque un échange du reste et ça contentait tout le monde.
A cette époque, on cuisinait beaucoup la viande en sauce: ah! ces ragoûts de mémé, y repenser me fait saliver. La consommation de pain était importante et comme on dit vulgairement "nous trempions le pain dans la sauce". Mais ce pain d'où venait-il? Car il ne passait pas de boulanger. Il était fait à la métairie tous les 8 à 10 jours. Mon père descendait du grenier un sac de farine qu'il vidait dans la maie que nous appelions aussi le pétrin. Cette farine était salée en conséquence des kilos, bien remuée et le levain, gardé précieusement de la journée d'avant, était mis dans cette farine. Le lendemain matin, mémé ou mon père pétrissait longuement cette farine transformée en pâte avec l'eau nécessaire. Puis le pétrissage terminé, la pâte était mise à lever dans des "palisses" garnies d'un torchon fariné et très propre. Les "palisses" sont de grandes corbeilles en osier fabriquées par les hommes en hiver à la veillée. Pendant la levée de la pâte, mon père allumait le four,c' était un sacré travail. Puis dans le four bien chaud, on cuisait le pain. Qu'il était bon ce pain frais mais au bout d'une semaine, il était un peu dur.. A l'époque, on économisait sur tout mais nous ne manquions jamais de pain....
  

Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /Avr /2008 14:44

Ce jour là, l'installation de l'électricité dans la métairie s'achevait remplaçant les lampes à pétrole, les bougies... 
Je gênais les ouvriers dans la cuisine avec l'appareil rustique dans lequel j'apprenais à marcher. Il devait faire très beau car on m'a mise dehors sur une couverture. Et soudain, une de mes tantes s'est écriée "la p'tiote n'est plus dans la couverture". On m'a retrouvé au tas de fumier des cochons. Voilà où mes premiers pas m'avaient menés: ça y'est, je marchais le jour précis de mon premier anniversaire.

( il paraît que ce jour là, je ne voulais pas me faire photographier alors j'ai remonté ma robe )
 

Par DEBIEUVRE René-Marc
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

AVAILLES-LIMOUZINE

 Cette autobiographie est directement liée à cette commune aux confins du Limouzin, du Poitou et des Charentes
Elle représente les années priviligiées du monde agricole qui ont précédées la 2ème guerre mondiale.

MUSEES

SERRE-AUBERGE DE LA TUILERIE
P2200132.JPG
MAURICE DUFRESNE
(Indre & Loire)

 

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus